Partager l'article ! "Je rime et je rame comme Tartine et Boterham...": Je rame, je rame, je rame, dans un vaste océan froid ou peut-être un regard... Je ...
Je rame, je rame, je rame, dans un vaste océan froid ou peut-être un regard... Je rame et j'ignore ma trajectoire et où trouver une ïle, un oasis, un coin de pause, une destination. Ou vais-je et dans quel état j'ère ? Hè, c'est quand qu'on arrive ? C'est encore loin ? C'est quand qu'on apercevra un coin de terre ferme, quelque chose de sûr, rien qu'une petite certitude sous laquelle je pourrais m'abriter et un instant au moins me reposer ? Je rame... Parfois avec espoir et courage, fière de l'exploit que j'accomplis ; je me baigne dans un sentiment de pleinitude, d'accomplissement, convaincue de faire ce qu'il faut, de faire ce qui est bien.
Parfois cependant mes forces me quittent, plus la force de ramer. J'espère alors que le vent va enfin se réveiller, ne plus me laisser seule dans cette grande traversée ; qu'il va d'un souffle dans mon cou, d'une bourasque sur mon embarcation m'aider à continuer. Et s'il doit devenir tempête, je me sens prête à l'affronter, quite à courir le risque de naufrager. Mais le vent préfère se réserver, on dirait bien qu'il ignore mes appels répétés ; je vais donner ma langue au poissons chat, elle leur sera surement plus utile qu'à moi. Et toujours cette mer d'huile, sans vague, sans reproches, indifférente en surface aux efforts que je fais pour la traverser.
Mais je continue à ramer. Parce qu'au fond je pourrais trouver une côte et m'arrêter, mais non je suis trop curieuse de voir ce que demain va me réserver. Et vogue, voguela galère... Et un marin sur le bahut du bord, yop là haut, envoie la bouteille de rhum !
Si mon ramage se rapportait à mon plumage, je pourrais devenir un peu plus qu'un phoenix de seconde zone aux abois...