Mardi 4 octobre 2011 2 04 /10 /Oct /2011 16:06

Les boulets sont partout. Je ne parle pas des connards, des feignants, des chieurs... Non les boulets. Vous savez ce mec pas méchant, et même pas fondamentalement bête mais qui est toujours à côté de la plaque, qui accapare l'audience en racontant des anecdotes dont personne n'a absolument rien à faire. Celui qui étale sa vie en pensant qu'un jour ses discours passionnants finiront par créer de l'intérêt chez quelqu'un et qu'il pourra, enfin se faire des amis. Celui qui dans une conversation ne comprend pas le sujet, et dont toutes les remarques tombent à côté. En bref celui qui gonfle tout le monde mais que personne n'ose envoyer chier parce qu'au fond il nous fait tous pitié. Les boulets ont par ailleurs un point caractéristique de taille : comme les boulets attachés au pieds des prisonniers qui les suivent partout et les empêchent de s'enfuir, on ne peut s'en défaire. D'ailleurs je pense qu'on pourrait de façon encore plus appropriée les appeler « les sparadraps », si collants, si difficiles à arracher et qui de façon étrange finissent toujours par se recoller sur une de nos affaires sans même qu'on s'en aperçoive tout de suite. Bref. Et bien voilà, le boulet a encore frappé. Bien sûr j'en ai toute une collection à disposition mais il y en a un qui est quand même le roi.

17H55, je me réjouis à l'idée de finir dans 5 minutes ma journée de travail pour pouvoir vaquer à mes activités. Soudain le téléphone sonne :

- Salut c'est F de … !

(Intérieurement : Pu-tainnnnnnn NON, NON, pas lui.) J'aurais du cela dit m'en douter, ça faisait bien 3/4 semaines que je n'avais pas eu de ses nouvelles. F. est un jeune un peu paumé qui se croit responsable d'un groupe de jeunes alors qu'il n'en est rien. F a été dans l'équipe d'organisation d'un camp  il y a deux ans : une catastrophe de l'avis général. F nous contacte frénétiquement dès que mon équipe organise le moindre événement pour les jeunes. F nous a même demandé de le prendre en stage il y a quelques mois (inutile de vous dire que ça a été un refus net). Sinon, dans la vie, F  tombe amoureux tous les 15 jours et pense que le monde entier a envie de l'entendre parler de son amour éternel pour sa princesse au regard triste. Il aime bien aussi sauver la veuve et l'orphelin dans les rencontres de jeunes. Il va aller consoler les filles qui pleurent, séparer les filles qui se battent, souvent les filles hein, notez bien. L'été dernier  j'avais la chance d'être dans son bâtiment lors d'un évènement que je co-organisais. A 2h du mat' (soit après une journée de 18h de boulot) je me prenais une douche, ravie de me délasser un peu avant de pouvoir enfin dormir quelques heures...Quand soudain, on frappe à la porte de ma douche, et F m'interpelle « Ouai y a A qui a filé une claque à C parce qu'elle tournait autour de son mec et maintenant C est parti dehors en pleurant, elle est super fragile, j'ai peur qu'elle fasse une connerie, tu veux pas aller voir ». Voilà, c'est son genre à F, frapper à ta douche à 2h' du mat' pour de la merde. Rien ne l'arrête !

Et là F me contacte pour s'inscrire pour un camp que j'organise (si, si, le même  type de camp que celui où il a fait de la merde il y a deux ans). Comment j'ai fait pour ne pas le voir venir, je me le demande ? Je réussis plus ou moins à m'en débarrasser après une longue conversation, en mode, je refile le bébé à quelqu'un d'autre : Je lui explique que je préfère accueillir dans mon camp des jeunes qui ne connaissent pas notre asso et qui ne sont jamais venus en camps, et le dirige vers un autre camp. Charge à ma collègue de s'en débrouiller, je m'en lave les mains.

Par ivresses - Publié dans : chronique lachage : les échos du boulot
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Vendredi 16 septembre 2011 5 16 /09 /Sep /2011 18:35

(En avant-propos à mes 2/3 lecteurs fidèles : Voici une nouvelle rubrique concernant les petites perles, amusements, tracas ou gros coups de gueule en rapport à mon boulot. Beaucoup des points abbordés ici concernent des situations qu'on peut, il me semble trouver dans bien des boulots. Certains points concerneront un peu plus particulièrement l'organisation dans laquelle je bosse. Evidemment, j'exagère les traits et ne me montre pas objective. Je laisse à la discression des lecteurs qui savent de laquelle il s'agit de ne point ébruiter cela)

 

 "Ici, il n'y a pas de chef !" Dans le domaine professionnel c'est rare d'entendre ça, pourtant ça vous est peut-être arrivé. "On est tous égaux" "On a système horizontal et non pas vertical, il n'y a pas d'ordre qui vienne d'en haut, on réfléchit tous ensemble, d'égal à égal" Ou encore "Pas de hiérarchie"

Alors en théorie, c'est super sympa. Disons que ça peut être un idéal vers lequel on tend mais sérieusement, entre nous, arrêtons les conneries, dans les faits ça ne marche jamais comme ça. Il y a toujours un dominant et des dominés, c'est humain, c'est animal, c'est incontournable. Autant l'admettre comme un fait et essayer de faire que ça se passe au mieux entre le boss et les restes du monde.

 

En l'occurence, là où je bosse, dans un système soi disant horizontal, nous avons tout de même un mec qui avec deux nanas, gère l'international. En théorie toujours ce n'est pas un chef, un directeur ou un responsable, et d'ailleurs il a tout autant de responsabilités que les deux femmes avec qui il fait équipe, mais dans les faits, il se retrouve tout de même en position de leader. (Etonamment c'est à l'homme que revient implicitement cette fonction, hummm étrange, mais je m'égare, passons) Et donc, tous les gens de l'organisation, qui défendent le partage des connaissances, l'égalité, le fait que la parole de chacun ait de la valeur, s'écrasent tout simplement quand ce mec parle, même quand il balance des platitudes, qu'il devient incompréhensible ou qu'il raconte des conneries. Et moi, franchement ça me hérisse. Le mec, il se pointe le deuxième jour d'une session de travail, et sans savoir ce qui c'est passé avant, il interrompt les organisateurs de la session pour modifier l'intitulé d'un temps de réflexion parce que ça ne lui convient pas. Moment de flottement dans la salle... Tout le monde baisse les yeux et trouve l'intervention inapropriée, mais non, personne ne va oser lui répliquer qu'il est à côté de ses pompes. Plus tard, le mec va attraper le micro dès qu'il lui passe devant, sans se soucier qu'initialement il n'est censé que le passer à quelqu'un qui a légitimement réclamé la parole. Et bien sûr dès qu'il l'ouvre ce n'est pas pour se montrer synthétique, clair et dans le sujet (enfin rarement). Là encore, personne ne moufte. Et le pire du pire, c'est quand dans un travail en petit groupe : il monopolise la parole pendant 15 minutes, et il ne reste plus que 3 minutes pour la dernière personne. Celle-ci se lance, et là avec le plus grand naturel, il l'interromp, pour rajouter un dernier point à son exposé. Et de nouveau, ça ne pose de problème à personne.

 

C'est le genre de truc qui me fait ruminer dans mon coin. Ce n'est pas tant le personnage en soi qui me dérange, il n'a pas que des mauvais côté loin de là, et au fond, même Michael Scott (cf : The office us) peut être attachant à sa manière. Ce qui me gonfle c'est notre hypocrisie latente à maintenir qu'il n'y a pas de chef et qu'on est tous égaux dans l'organisation. Et puis, c'te bande de moutons tout de même...

 

Ahhh, et apparemment, j'aurais du me sentir honorée quand en partant il m'a gratifié d'une bise en me disant que c'était bien que je sois là. Désolée j'ai pas de queue à remuer quand on m'offre un no-nos...

 

 

 

 

 

Par ivresses - Publié dans : chronique lachage : les échos du boulot
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Lundi 8 août 2011 1 08 /08 /Août /2011 14:31

...

http://img.over-blog.com/448x600/3/01/40/45/anniversaire-1-an.JPG

 

J'y pense des fois quand tout va bien. Je me souviens alors que je ne dois pas y croire trop fort.

J'y pense souvent quand ça va moins. Le doute étend sa toile dans tous les coins.

Et plus j'y pense, moins j'oublie...

 


  J'écoutais ça en boucle...


 

 
 
Par ivresses - Publié dans : billet d'humeur
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Mardi 2 août 2011 2 02 /08 /Août /2011 16:23

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Je rame, je rame, je rame, dans un vaste océan froid ou peut-être un regard... Je rame et j'ignore ma trajectoire et où trouver une ïle, un oasis, un coin de pause, une destination. Ou vais-je et dans quel état j'ère ? Hè, c'est quand qu'on arrive ? C'est encore loin ? C'est quand qu'on apercevra un coin de terre ferme, quelque chose de sûr, rien qu'une petite certitude sous laquelle je pourrais m'abriter et un instant au moins me reposer ? Je rame... Parfois avec espoir et courage, fière de l'exploit que j'accomplis ; je me baigne dans un sentiment de pleinitude, d'accomplissement, convaincue de faire ce qu'il faut, de faire ce qui est bien.

Parfois cependant mes forces me quittent, plus la force de ramer. J'espère alors que le vent va enfin se réveiller, ne plus me laisser seule dans cette grande traversée ; qu'il va d'un souffle dans mon cou, d'une bourasque sur mon embarcation m'aider à continuer. Et s'il doit devenir tempête, je me sens prête à l'affronter, quite à courir le risque de naufrager. Mais le vent préfère se réserver, on dirait bien qu'il ignore mes appels répétés ; je vais donner ma langue au poissons chat, elle leur sera surement plus utile qu'à moi. Et toujours cette mer d'huile, sans vague, sans reproches, indifférente en surface aux efforts que je fais pour la traverser.


Mais je continue à ramer. Parce qu'au fond je pourrais trouver une côte et m'arrêter, mais non je suis trop curieuse de voir ce que demain va me réserver. Et vogue, voguela galère... Et un marin sur le bahut du bord, yop là haut, envoie la bouteille de rhum !

Si mon ramage se rapportait à mon plumage, je pourrais devenir un peu plus qu'un phoenix de seconde zone aux abois...

 


 

Par ivresses - Publié dans : au fil des mots
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Mardi 12 juillet 2011 2 12 /07 /Juil /2011 22:13

Tranche de vie dans le train : Derrière moi, un couple. Lui, 30/35 ans, jeune cadre dynamique qui pense posséder la science infuse mais qui a la générosité de ne pas la garder pour lui. Une voix un peu aigre, un peu nasillarde. Et il parle, il parle, ne cesse de parler . Elle plus jeune 25/27 ans, discrète, répond par monosylabes. L'homme est en train de critiquer un gars de leur connaissance, pour qui l'infidélité est un art de vivre : "Nan mais je ne comprends pas quoi ! Il n'est jamais satisfait, il trompe toutes ses copines. C'est trop dégueulasse. Moi ça m'échappe. Tu vois, MOI, je ne t'ai jamais trompée, rien, même pas tenté et ça j'en suis vachement fier." Alors, je ne voudrais pas faire ma cynique mais le gars qui se sent obligé sans que personne ne l'accuse de quoi que ce soit de justifier de sa fidélité, c'est louche. En psycho on appelle ça une dénégation, mais, bon, passons...

 

Station suivante, ils se lèvent. Moi, plongée dans mon bouquin (enfin du moins j'essaie puique le niveau sonore, la proximité ainsi que la bêtise de la conversation me distraient quelque peu). Là, le mec me dis bonne soirée, et de façon automatique, je lève le nez de mon livre, lui sourit et lui dit "à vous aussi". Et là le gars me sort "Ah, bah c'est mieux quand vous souriez, vous avez un très joli sourire alors souriez !". Ah, ah, ah j'ai l'impression d'entendre ma mère à l'époque où j'étais une ado rebelle... Sérieusement, j'avoue que c'est bien plus agréable de voir les gens sourire mais ça m'a toujours un peu agacé les gens qui vous moralisent à ce sujet. Ok qu'on me reprenne sur mon sourire lorsque je travaille avec des gens, je peux l'entendre, mais dans les transports en commun ou dans la rue... Sérieusement ? Qui a une vie si parfaite qu'il puisse avoir envie de sourire tout le temps. Il faut avoir un haut degré de sagesse ou être un imbécile heureux pour être toujours d'humeur joyeuse. Parce que sinon, entre le découvert à la banque, les soucis au boulot, les nouvelles frelatées que nous relayent les médias, les preuves flagrantes de la connerie humaine qui viennent chaque jour (et oui chaque jour !) s'abbatre sur nos gueules franchement y a pas toujours de quoi se fendre la gueule.

 

En bref, j'aurais aimé avoir le cran de répondre à ce gentil monsieur : TA GUEUUUUUUUUULE ! Mais peut-être eusse été un peu trop agressif et aurait-ce enlaidit mon visage si radieux de sourire la seconde précédente. 

Par ivresses - Publié dans : tranche de vie
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Mardi 12 juillet 2011 2 12 /07 /Juil /2011 22:12
"Les mots peuvent causer de la confusion et créer des «enchevêtrements»; mais l'absence de mots engendre une obscurité totale". (Les portes de la perception - Aldous Huxley)

et en même temps

 

"Le mot est le meurtre de la chose"

 

Les deux portent leur fond de vérité. Et nous voilà bien avancés. En tout cas, on peut soutenir tout et son contraire en trouvant des arguments dans les deux cas. La nature humaine, un joyau de clarté, de simplicité !


Par ivresses
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Dimanche 27 mars 2011 7 27 /03 /Mars /2011 19:44

D'un bouquin. Plus precisemment "La mecanique du coeur" de Mathias Malzieu, celui du groupe Dyonisos. Un conte pour adulte poetique, cruel. Un univers particulier, sombre, onirique peuple de freaks attachants qui fait sourire, rever, reflechir, pleurer un peu. Bref genial :

9782081217355FS

 

Edimbourg, 1874. Jack naît le jour le plus froid du monde et son cœur en reste gelé. Mi-sorcière mi-chaman, la sage-femme qui aide à l'accouchement parvient à sauver le nourrisson en remplaçant le cœur défectueux par une horloge. Cette prothèse fonctionne et Jack vivra, à condition d'éviter toute charge émotionnelle : pas de colère donc, et surtout, surtout, pas d'état amoureux. Mais le regard de braise d'une petite chanteuse de rue mettra le cœur de fortune de notre héros à rude épreuve.

 

"Premierement, ne touche pas a tes aiguilles. Deuxiemement, maitrise ta colere. Troisiemement, ne te laisse jamais tombe amoureux."

 

"Tu passes ton temps a reparer les gens mais tu nois tes blessures dans l'alcool de tes propres larmes, pourquoi ?"

 

"On se frottera l'un contre l'etre a s'en faire cramer le squelette et a l'horloge de mon coeur a minuit pile on prendra feu, pas meme besoin d'ouvrir les yeux."

 

"-Tu penses vraiment qu'une jeune fille comme celle que tu me decris aura envie de fricoter avec un type qui a une prothese a la place du coeur ? (...)

L'affreuse Brigitte Heim rejoint le peleton des jeteurs de froid. Mais elle ne sait pas combien la carapace de reves que je me fabrique depuis tout petit est epaisse. Je suis la tortue la plus solide du monde."

 

"Je decouvre l'etrange mecanique de son coeur. Elle fonctionne avec un systeme de coquille autoprotectrice liee a l'abyssal manque de confiance qui l'habite. Une absence d'estime de soi se bagarrant avec une determination hors du commun."

 

"Arriverais-je a ce qu'elle croit en moi sans qu'elle ait en permanence l'impression que je lui joue un mauvais tout de passe-passe ?"

 

"La peur de la perdre et le mal de tete forment un maestrom electrique que je ne controle plus. Je vais vomir de la braise, je la sens remonter l'oesophage, innonder mon cerveau. Court-circuit sous un crane. Je prononce des mots terribles, des sentences definitives. Je voudrais les rembobiner avec ma langue mais le fiel a deja fait effet. Je coule notre bateau a coups de phrases coupantes, il faut que j'arrete cette machine a cracher du ressentiment avant qu'il ne soit trop tard"

 

Cela dit je pourrais citer tout le bouquin tellement je l'ai aime. La fin est geniale, belle lecon.

 

 

 

 

Par ivresses - Publié dans : citations
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  • : Ivresses...
  • : réflexions gayfriendly ivresses Vie perso / Journal intime
  • : Un certain cynisme, des coups de gueules, des zones d'ombres, des périodes totales nihilistes mais aussi des délires, des citations joiles, moins jolies ou drôles, et parfois tout simplement des réflexions... Bref un certain nombre de choses que j'ai envie de partager, non pas que je pense que ça t'intéresse lecteur, mais tout ça je l'écris de toute façon alors ici ou ailleurs...
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